Les enjeux de l’interculturalité pour la restitution du sens

Accueil / Études Lusophones (EL) / Manifestations EL d’avant 2015 / Les enjeux de l’interculturalité pour la restitution du sens

Mardi 7 février à 15h30, salle 22, Institut Ibérique


Conférence de Catherine LETERRIER
lectrice de Portugais à Paris-Sorbonne

Les enjeux de l’interculturalité pour la restitution du sens
dans le processus traduisant

« Le traducteur est un passeur qui connaît bien les deux rives avec toutes leurs différences et qui fait passer de l’une à l’autre sans écueil et sans noyade, mais avec enchantement », Michel Plourde, Traduire, 1983.

Cette conférence montrera que le traducteur peut être davantage qu’une passerelle entre deux rives : il s’imprègne de la langue de départ parce qu’il est imprégné de la culture dont cette langue est le véhicule. Il est capable de retranscrire dans la langue d’arrivée parce qu’il est imprégné de la culture dont cette dernière est le véhicule. Le rapport au monde que ce biculturalisme peut offrir est facilité par un vécu spécifique – souvent dès l’enfance ; il est renforcé ultérieurement par une pratique de la diversité, chez les professionnels de la traduction. Cet état mental, d’ouverture, se retrouve certes chez le traducteur non professionnel qui peut être motivé par l’envie de transmettre une passion pour un texte – à priori en « langue étrangère » -, qu’il voudra partager avec des personnes de sa culture. Cette capacité à sentir le sens profond au-delà des mots est ce qui fait la richesse de l’activité traduisante et la justifie pleinement. Les nuances, les redites intentionnelles, les précisions voulues – autant d’éléments où les professionnels font la différence : si l’on reprend les propos de Leibniz pour qui « les mots servent à représenter et expliquer les idées », il s’agit de saisir le « non-dit ». Ce n’est pas pour autant que tous ont l’habileté à traduire, c’est à dire, à transposer le message dans la langue d’arrivée de la façon dont l’aurait exprimé un natif de cette dernière si c’était lui qui l’avait écrit au départ. Alors, qu’est-ce qui fait la spécificité (et la compétence) de l’opération traduisante ?