La traduction poétique comme expérience cosmopolite

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Axe(s) : PIAL

10 novembre 2017 | 14h30 à 16h30

À l’occasion de son prochain séminaire interuniversitaire, le PIAL recevra,

en co-organisation avec le MEDET-LAT de Gustavo Guerrero,

Didier Coste sur « La traduction poétique comme expérience cosmopolite ».

Didier Coste (PhD, Sydney ; Docteur ès Lettres, Provence ; Pr. Émérite de Littérature Comparée à l’Université Bordeaux Montaigne) a enseigné sur tous les continents. Théoricien de la Littérature, ses travaux relèvent principalement de la narratologie, de la poétique de la poésie, de l’esthétique interartistique et de la sémiologie. Spécialiste de culture indienne moderne et contemporaine depuis une quinzaine d’années, il prépare un ouvrage intitulé Conversations with Hanuman. Auteur de plusieurs livres et de plus de cent-cinquante articles de recherche, il est aussi romancier, nouvelliste et poète en français et en anglais. Anonymous of Troy est son dernier cycle poétique publié, Puncher & Wattmann, Sydney, 2015. Il a dirigé pendant quatorze ans une Fondation culturelle internationale en Espagne. Traducteur d’une trentaine d’œuvres littéraires et d’essais en Sciences humaines de langue anglaise, espagnole et catalane, il obtenu en 1977 le Grand Prix Halpérine Kaminsky pour l’ensemble de son œuvre de traducteur littéraire à cette date. Dernières traductions parues : deux anthologies personnelles de poètes argentins contemporains, Oscar Steimberg et Susana Romano Sued, Reflet de Lettres, Paris, décembre 2015.


La traduction poétique comme expérience cosmopolite

 La traduction de la poésie, dans sa poéticité, est réputée soit impossible, soit fondamentalement déficiente, soit encore, plus rarement, exaltée comme une création ou re-création parallèle. Ces différentes idées reçues qui, toutes, relèvent d’une vision binaire et ancillaire de l’acte de traduire peuvent tenir à autant d’aberrations en théorie du traduire, mais elles sont singulièrement peu nuancées en ce qui concerne la traduction de la poésie lyrique formelle, en raison sans doute de la double association de celle-ci avec l’expression lyrique personnelle (sentiments uniques), d’une part, et avec des formes fixes ou autres contraintes rigoureuses qui, elles, resteraient sans équivalent concevable dans une autre langue que celle du traducendum « original ».

Mais, par-delà la persistance d’une idéologie romantique hors toute modernité et une sacralité archaïque du texte réfugiée dans le lyrique, il importe de mettre au jour les enjeux politiques de la traduction poétique (aussi bien que du bi- ou multilinguisme poétique) en faisant état d’une expérience cosmopolite à laquelle sa pratique invite nécessairement, sans négliger pour autant les limites de l’interprétation inachevable ni celles des « racines aériennes » de l’hétéroculturalité.

L’autonomie relative de la langue lyrique par rapport à la conversation en cours devrait inciter et inviter à un tel détachement et rattachement multiple.

En sens inverse la prosification traduisante n’a cessé de fondre l’habitat poétique dans le convenu informel du récit, selon lequel on pourrait se comprendre sans distinction ou s’ignorer de proche en proche.

C’est là qu’une politique de la traduction poétique (une éthique de son esthétique) reste presque entièrement à construire, sur les ruines du divin, du cosmique et du global.

D. C.

 

 

La traduction poétique comme expérience cosmopolite

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