Lignes de recherche (2012-2013)

1. La réflexion théorique

Considérer les écritures plurielles en tant que concept qui ouvre l’espace d’un champ littéraire et culturel.
Situer la réflexion des écritures plurielles :
–Dans l’héritage d’une riche tradition de grands « classiques » : Barthes, Eco, Genette, Greimas, Todorov.
–Avec l’expérience des notions et courants qui ont marqué la critique à la fin du XXème siècle : le postmodernisme ; les études culturelles, les études de genre.
–Selon des approches inter : intertextuelles, interculturelles, interdisciplinaires ; post : postmodernes, postcoloniales ; trans : transgénériques, transatlantiques ; hyper : hypertextuelles et hyper-médiatiques.
–Dans la perspective critique qui examine les études et les discours théoriques sur la littérature latino-américaine qui se diffusent actuellement aux Etats-Unis et en Amérique Latine. En particulier, en ces temps de globalisation, existe-t-il un modèle théorique latino-américain différent des modèles européens ?

2. Autour des concepts d’espace et de temps
La réflexion sur l’expression et la conceptualisation de l’espace géo-littéraire et géoculturel. Elle s’intéresse à une « vieille » problématique – toujours d’actualité – quels sont les sens à notre époque de « latino-américain », « hispano-américain » et autres appellations appliquées à la littérature et à la culture dans notre contexte de la trans-territorialité et de la globalisation du début du XXIè siècle ?
Dans ce contexte, quel sens peuvent avoir les discours critiques sur les littératures nationales et régionales à partir de concepts de variation, disparition, normalisation ou lutte et tension ? Où situer la littérature en espagnol dans les littératures mondiales et universelles ?
Les espaces de production du texte et/ou les espaces référentiels du texte comme critères de classification : l’approche contextuelle, interculturelle, intertextuelle.
Quels sont les thèmes actuels plus significatifs de l’espace géo-littéraire de notre étude : histoire, identité, violence, inégalité, émergence ?
Les différentes variantes de l’espagnol comme critères de localisation ou délocalisation.

En conséquence, la question implique l’appartenance de l’écriture littéraire à une ou à plusieurs cultures.
Pour ce qui est du temps, on peut de manière complémentaire réfléchir au temps des écritures littéraires, à l’évolution et à la pluralité de l’écriture au fils du temps : rupture de la tradition / tradition de la rupture.

3. La généricité et ses variantes
Nous continuons l’étude de ce sujet que nous avons travaillé depuis des années, mais en insistant sur trois aspect principaux :
Une approche plurielle de la généricité
– Le concept du « genre » : quelles caractérisations des approches historicistes, énonciatives ou pragmatiques ? Normatives ou transformationnelles ?
– Quelles sont les diverses formes de l’hybridité générique, de l’intertextualité et de la réécriture ?
– Quelle est la pluralité des nouvelles formes et des nouvelles pratiques de l’écriture ? Des genres canoniques et des nouveaux genres ?
Du texte et de l’hypertexte
– Le médium électronique, les nouvelles technologies, la littérature et l’informatique, les genres textuels et hypertextuels. Les interactions entre le texte et l’hypertexte. La présence et l’impact des formes, genres et contenus hypertextuels dans le texte littéraire.
– Les écritures hypertextuelles actuelles : les fictions hypermédia, les blogs et al.
– La tension textuelle et hypertextuelle en tant que dialectique de tradition et de rupture.
– Le sens de cette « nouveauté » : les nouveaux supports impliquent-ils de nouveaux genres et de nouvelles formes littéraires ?
Les rapports entre le texte et l’image.
La présence de l’image dans le texte littéraire : ecphrasis, illustration, citation, allusion, montage, interactions et influences. On considère dans cette étude autant l’image fixe que celle en mouvement (cinéma, TV, espaces virtuels).

4. De l’auteur et de ses artifices aux perceptions du lecteur
L’auctorialité
Parmi les études possibles de l’auctorialité nous nous intéressons en particulier à la co-écriture littéraire : poésie, roman, théâtre.
La lecture plurielle
De quelle manière, en récupérant l’étude de la généricité, les nouvelles pratiques scripturales impliquent-elles également de nouvelles pratiques de lecture et d’analyse ?

5. La collaboration et le contrepoint
Nous allons continuer le travail en collaboration et en contrepoint avec des équipes de recherche d’autres universités comme nous l’avons fait en 2010-2012 avec les universités d’Alcalá, de Grenade, de Séville, de Venise, de Buenos Aires. Et nous avons des projets pour 2013 avec les universités de Naples (L’Orientale), de Rome (La Sapienza), d’Udine, de Valence, l’UNAM, El Colegio de México et le Tecnológico de Monterrey Campus Toluca.
Ainsi, nous allons continuer à croiser l’étude des écritures plurielles avec
Le texte et les arts (Université d’Alcalá)
Les études transatlantiques (Université de Grenade)
Les écritures et réécritures du pouvoir (Université de Séville)
Le voyage temporel (Université Ca’ Foscari de Venise)
Les variations du loisir, de la mémoire et de la violence (Université de Buenos Aires, UBA)
Et nous allons également commencer à croiser l’étude des écritures plurielles avec
La “novísima” littérature mexicaine (Tecnológico de Monterrey, Campus Toluca)

Les contextes de transformation sociale (Universitat de Valencia)

Les croisements de la littérature et le cinéma (Università degli studi di Napoli « L’Orientale » et Università degli studi di Roma « La Sapienza »)

La littérature hypertextuelle et hypermédia (Université Nationale Autonome du Mexique, UNAM)
Les bifurcations entre le texte et l’image (El Colegio de México)

Les migrations dans des espaces et des temps littéraires (Université d’Udine)

6. Traduction et édition
Nous allons poursuivre notre collaboration dans le projet de traduction de la littérature actuelle (Cinco décadas del cuento mexicano : UNAM, FONCA, UACM, Università La Sapienza Roma, University of Liverpool, University of Leeds, Université Paris Sorbonne, CRIMIC-SAL) avec les équipes dirigées par María Jiménez et Elodie Weber et la participation d’étudiants de l’Institut d’Etudes Ibériques et Latino-américaines. Et nous prévoyons d’organiser des séminaires de réflexion sur la traduction avec les collègues concernés dans les universités du dit projet et des traducteurs professionnels.
Nous poursuivrons aussi notre travail d’édition, en prenant en compte le numérique : de nouveaux lieux et de nouvelles formes de publication.
Enfin, nous allons continuer à traiter dans les séminaires doctoraux des sujets choisis en fonction des thèses des doctorants, comme : la métafiction, les littératures indigènes actuelles et leur traduction, les rapports entre création et critique ; le roman et l’histoire.