Les traductions vieillissent-elles ?

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10-11-12 octobre 2011.

Colegio de España.

Direction scientifique : Marie-France Delport, Mònica Güell


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Le Centre de Recherches Interdisciplinaires sur les Mondes Ibériques Contemporains CRIMIC (EA 2561, Ecole doctorale IV), équipe interdisciplinaire par nature, a pour vocation d’étudier le sens des productions artistiques et culturelles ainsi que les processus de création personnels ou collectifs dans la péninsule ibérique et l’Amérique latine des XIXème et XXème siècles. Les différentes composantes de l’équipe ont eu l’occasion de croiser leurs approches et de travailler ensemble autour de questions et de problématiques communes. Plusieurs réalisations sont à son actif. En 2007, le colloque international : « Les grands récits : miroirs brisés ? » réunissait toutes les composantes de l’équipe. Le fruit de ce colloque vient de paraître : Les grands récits : miroirs brisés ? (Textes réunis par Maria-Graciete Besse et Michel Ralle, Paris, Indigo, 2010) ; en 2009 le XXXIVe Congrès de la Société des Hispanistes Français : « Cultures lusophones et hispanophones : penser la Relation » réunissait à nouveau les différentes composantes de l’équipe (Textes réunis par Maria Graciete Besse, Indigo 2010) ; en juin 2009 s’est tenu le colloque international : « Portugal et Catalogne : regards réciproques » (Actes à paraître en 2011 dans la revue en ligne Catalonia).

Le Séminaire d’Études Catalanes, les Études Lusophones (composantes du CRIMIC) et l’équipe Linguistiques et lexicographies latines et romanes (EA 4080), se proposent, dans ce colloque international, de cerner l’évolution de la pratique de la traduction. La perspective interdisciplinaire, alliant linguistes, littéraires, comparatistes et traducteurs dans les différentes langues romanes (français, portugais, espagnol, catalan, italien) ne peut que nourrir et enrichir le questionnement sur la traduction en diachronie, tant du point de vue de l’émetteur que du récepteur.

Le lecteur demande au traducteur de lui donner accès aux œuvres étrangères, de les lui rendre proches malgré la distance. Spatiale, cette distance, cependant, le lecteur souhaite qu’elle se laisse encore apercevoir à travers quelques mots conservés de l’original. Il veut ne pas perdre tout à fait « la saveur de l’étranger » et le dépaysement qui l’accompagne ; Anna Karénine doit préparer son thé dans un samovar et non dans une théière, les héros de Camilleri savourer leurs pâtes alle vongole plutôt que d’y mettre des palourdes, des clovisses ou de banals fruits de mer. La distance dans l’espace n’effraie pas le lecteur, elle le séduit ; du moins est-ce l’idée que se font traducteurs et éditeurs.

Quand la distance est temporelle, que l’original a été écrit il y a plusieurs siècles, le discours est tout autre et l’on décrète que le lecteur ne saurait trouver de charme à cet « exotisme » du passé. On veut qu’il « se sente de plain pied » avec les héros d’une œuvre écrite au siècle d’or ; l’éditeur demande au traducteur de « démédiévaliser » Boccace et, lorsqu’un chef d’œuvre tombe dans le domaine public, les éditeurs se bousculent pour faire l’indispensable « aggiornamento », et donner une version « rajeunie », ou « réviser » la traduction qui seule avait eu cours jusque là.

Les chefs d’œuvre sont « intemporels » et ne vieillissent pas ; leurs traductions, elles, si, et il convient, dit-on, de les toiletter périodiquement. En 2003, Jean-Marie Barberà a donné au public une nouvelle traduction de Tirant le Blanc ; en 2008 Jean-Raymond Fanlo a proposé une nouvelle version du Quichotte et des Nouvelles exemplaires. Le Livre de l’intranquillité a fait peau neuve lui aussi, jusque dans son titre.

Quelles insatisfactions poussent auteurs, éditeurs, traducteurs à vouloir ainsi, de temps en temps, « dépoussiérer » ou simplement réexaminer – leur donner « un coup de jeune » – des traductions que leur vieillissement condamnerait ? Le lecteur des traductions ne tolèrerait-il pas ce dont les lecteurs de l’original s’accommodent quand ils n’y puisent pas, au contraire, un surcroît d’intérêt et de plaisir ?

C’est sur ce vieillissement, réel ou supposé, des traductions que nous aimerions nous interroger et, plus généralement, sur ce qui pousse à sans cesse retraduire, « selon la mode qui court » .

Alliant la réflexion théorique à la pratique des textes et des traducteurs, les communications se déclineront autour des axes suivants :

I- Approches théoriques de la traduction

II- Retraduire les classiques

III- Traduire le catalan / Traduire en catalan

IV- Table ronde autour de la traduction du Livre de l’intranquillité

V- Les traductions françaises des auteurs de langues romanes (XIXe-XXe)

VI- Les traductions en langues romanes des auteurs français (XIXe-XXe)

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