Les écritures collectives : poétiques et pratiques de la collaboration et du partage

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Collectif Textualités (éd.)


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Ce volume est constitué des actes du colloque « Les écritures collectives : poétiques et pratiques de la collaboration et du partage » qui s’est tenu les 18 et 19 octobre 2018 à Sorbonne Université et à l’Université Paris Est Créteil.

Catherine Heymann, qui signe sa préface, le présente en ces mots :

Dans son compte rendu du livre « Nous est unautre. Enquête sur les duos d’écrivains » (Michel Lafon et Benoît Peeters, 2006), Jan Baetens analysait le « dévoilement » des processus et des implications de l’écriture à quatre mains qui était opéré dans l’ouvrage. Soulignant que les analyses proposées ouvraient des perspectives inédites et donnaient envie de les prolonger, soit en multipliant les exemples, soit en élargissant leur portée même, il précisait : « l’écriture en collaboration émerge petit à petit dans ce livre comme un véritable continent caché » (Critique, 2006). De fait, l’expression elle-même s’entend implicitement comme une pratique relativement inhabituelle et qui s’oppose au « modèle » communément admis de l’écrivain, seul responsable de la rédaction de son œuvre : l’écriture en collaboration a longtemps  constitué un impensé de la poétique. Le présent numéro de Crisol se propose de poursuivre l’approfondissement de cette notion, entendue comme tout type d’écriture résultant d’une collaboration/d’une participation – concertée ou non, revendiquée ou issue de circonstances particulières – entre plusieurs figures d’auctorialité. À travers une quinzaine de contributions consacrées aux mondes hispaniques, ce sont les différentes facettes des productions culturelles « savantes » ou « populaires », « traditionnelles » ou « industrielles » qui sont interrogées au prisme d’un « travailler ensemble » (au sens étymologique du mot collaboration), envisagé de manière diachronique dans les périodes moderne et contemporaine. La mise en relief des évolutions de ces « écritures collectives » qui s’inscrivent dans une histoire longue, qui se poursuit aujourd’hui – par exemple avec la prolifération des séries (sans que le phénomène de la série soit pour autant une nouveauté) ou la production d’œuvres « transmédiatiques » qui ont pour conséquence de dissoudre la figure du créateur au bénéfice d’une pluralité d’acteurs – montre l’intérêt d’une telle réflexion. L’ensemble des contributions interroge donc la notion d’auteur (autorité, auctorialité, auteurité sont, pour le français, autant de termes qui se proposent d’affiner le questionnement), la réévaluation de l’instance d’écriture incitant aussi à considérer l’œuvre non comme immuable mais plutôt comme une continuation ou une suite, travaillée par des processus de recomposition, le tout nourrissant la vision d’un « plurivers » culturel, riche, complexe et très dynamique.

Le volume a été édité par le collectif Textualités, regroupant 4 universités : Laurie-Anne Laget, Pénélope Laurent, Clémentine-Renée Lucien et Julien Roger pour Sorbonne Université ; Caroline Lepage, pour Nanterre Université ; Graciela Villanueva, pour l’Université Paris Est Créteil : David Alvarez, pour l’Université de Picardie – Jules Verne.

Publié dans la revue Crisol (n°10 de la série numérique, 2020) de l’Université de Paris Nanterre, il est disponible en ligne en cliquant ici

Crisol série numérique / ISSN : 2678-1190

 

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