Madrid, capitale hollywoodienne du franquisme des années cinquante. Construction d’un imaginaire cinématographique de la modernité

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Axe(s) : AV

5 novembre 2021 | 14h30 à 18h00

: Maison de la recherche, Sorbonne Université | voir le plan



Marguerite Azcona soutiendra sa thèse de doctorat intitulée «  Madrid, capitale hollywoodienne du franquisme des années cinquante. Construction d’un imaginaire cinématographique de la modernité »

Le vendredi 5 novembre 2021 à 14h30

à la Maison de la Recherche de Sorbonne Université, 28, rue Serpente, 75006 Paris, 

salle D 223 (escalier B – 2e étage, à gauche sur le palier) 

NB: La soutenance se déroulera en présentiel. Le public extérieur à Sorbonne Université doit s’inscrire avant le 30 novembre 2021 à l’adresse suivante : marguerite.azcona@gmail.com

Thèse réalisée sous la direction de Nancy Berthier. Professeur des Universités, Faculté des Lettres de Sorbonne Université.

Membres du jury :

Mme Julie Amiot-Guillouet – Professeur des Universités, CY Cergy Paris Université

Mme Nancy Berthier – Professeur des Universités, Sorbonne Université

Mr Luis Deltell – Maître de Conférences, Universidad Complutense  de Madrid

Mme Marie Franco – Professeur des Universités, Paris 3-Sorbonne nouvelle

Mr Rafael Rodriguez-Tranche – Professeur des Universités, Universidad Complutense de Madrid

 

Résumé :

À la fin des années cinquante, à Madrid, trois comédies à l’eau de rose et grand public affichent une capitale dotée d’une modernité radicale et très américaine : Las Muchachas de Azul, 1957, de Pedro Lazaga, Las chicas de la Cruz Roja, 1958, de Rafael J. Salvia et Vuelve San Valentín, 1962, de Fernando Palacios. Corps urbain et corps féminin s’ajustent à la matrice filmique des comédies hollywoodiennes : fluidité et verticalité pour le premier, mode dernier cri et séduction pour les secondes. Madrid devient à l’écran la capitale hollywoodienne du franquisme des années cinquante. Les femmes saturent l’écran et courent à la recherche du bonheur et de l’amour. Le contexte est doublement favorable à cette inversion des représentations. En 1953, le régime franquiste abandonne ses anciennes alliances avec les puissances de l’Axe et confirme son nouveau rapprochement avec les États-Unis. Le débarquement militaire américain s’accompagne alors d’un débarquement culturel : tout Hollywood prend ses quartiers à Madrid pour une décennie. Pour autant, l’Espagne demeure une dictature militaire et religieuse, verrouillée par le Concordat signé avec le Saint-Siège et par les Pactes de Madrid conclus avec les États-Unis. Une analyse minutieuse révèle alors la présence d’une seconde écriture filmique à l’œuvre dans ces trois films : celle de la propagande franquiste de 1939. Deux modèles cinématographiques s’hybrident ainsi dans ces films et articulent la dictature à la puissance du rêve. À l’écran, ces trois comédies réalisent ainsi en effet le rêve inespéré du IIIe Reich, celui d’une propagande totale : entrer sous le front des gens, tapisser leurs songes, infiltrer et piloter leurs désirs. Cette double écriture fait de ces films des fictions résolument politiques. En dépit du succès et de la popularité rencontrés par ces films, diffusés à la télévision jusqu’en 2018, aucune étude n’avait été entreprise encore par les spécialistes du cinéma espagnol.

 

Mots-clés : Arts Visuels ; Cinéma ; Madrid ; Espace Urbain ; Monde Contemporain ; Imaginaire ; Espagne ; Capitalité ; Franquisme ; Pedro Masó

Madrid, capitale hollywoodienne du franquisme des années cinquante. Construction d’un imaginaire cinématographique de la modernité

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